Les primaires de la droite et du centre s’achèvent . Ce qui m’a frappé lors du dernier débat télévisé entre Fillon et Juppé est l’absence de deux thèmes pourtant bien présents dans l’actualité : l’islamisme et l’écologie.

Sur l’islamisme Fillon ne se prive pourtant pas d’aborder carrément la question pendant ses meetings. Il est le seul à nommer l’organisation des Frères musulmans parmi les groupes islamistes qu’il entend interdire, et l’un des rares à considérer les Russes comme des alliés dès lors que l’ennemi principal est Daech, non Bachar el Assad. Ce serait donc un important virage de la politique étrangère française, susceptible de mettre un terme à la guerre syrienne et à l’exode massif de réfugiés. Il affirme également avec fermeté sa volonté de contrer les manœuvres d’islamisation rampante de la société française, faisant ainsi écho à l’exaspération des Français devant les provocations continuelles des propagandistes de la charia. Mais Fillon n’en parlera pas et le sujet ne sera pas mis sur la table, sinon par une allusion de Juppé se plaignant d’être caricaturé en imam, une occasion perdue de parler de l’UOIF.

L’autre absente est l’écologie, sans doute assez déconsidérée par les divisions et l’idéologie de ses représentants officiels. Cependant la nature n’est ni de gauche, ni de droite, et son état de santé exige l’attention des gouvernements. Le tout premier débat  des candidats aux primaires de la droite et du centre se déroulait en même temps qu’un événement climatique extrême était annoncé dans le Sud de la France. L’Hérault était en alerte rouge, les écoles étaient fermées, toutes les manifestations publiques annulées, les déplacements déconseillés, 350 pompiers supplémentaires mobilisés. C’était une manifestation remarquable du changement climatique. Croyez-vous que les journalistes et les candidats, si prompts d’habitude à commenter l’actualité, s’en saisirent pour s’interroger sur l’action à mener ? Personne ! A part chez Nathalie Kosciusko-Morizet, qui pourtant n’eut pas le réflexe d’évoquer la question, l’ écologie n’est pas dans leur logiciel.

C’est tout de même préoccupant car les programmes des candidats à l’élection présidentielle vont fleurir, célébrant sans doute le retour de la croissance et de l’emploi. Mais pourra-t-on s’autoriser de croire à ce retour autrement qu’en appliquant l’accord de Paris sur le climat ? La décarbonation de l’économie, c’est-à-dire le renoncement aux énergies fossiles, est désormais le cadre dans lequel la société française doit se développer, les candidats doivent s’en persuader et en persuader les Français.

Laisser un commentaire